Histoire: Le sanctuaire

Histoire du sanctuaire :

maquette santuaire 175Le sanctuaire a été créé vers 150. A cette époque, ce n’était que quelques bassins en bois, installés pour capter les sources, avec un réseau de canalisations, toujours en bois, pour acheminer et évacuer l’eau. Rapidement, le sanctuaire va connaître la notoriété, la fréquentation et la richesse. Entre 175 et 185 le bois des bassins est remplacé par la pierre. C’est à cette époque également que sont posées les toitures et que s’érigent les premières statues. La fin du IIème siècle verra l’apogée du sanctuaire après quoi, il y aura une alternance de périodes d’abandon presque total et de renaissance. Le sanctuaire est détruit vers 375. C’est très probablement la première communauté chrétienne de Deneuvre qui l’a ravagé. La minutie et l’acharnement dans la destruction font penser à un acte religieux. Les sources ont été bouchées, les statues abattues et parfois mutilées (têtes coupées, visages martelés). Tout ce qui pouvait être brûlé le fut et enfin, pour confirmer le but religieux de la destruction, le site a été frappé d’interdit. 

Une fois le sanctuaire détruit, le site redevint sauvage, les sources vagabondèrent et une forêt se développa.

A cette époque les racines ont brisé les statues et la tourbe, milieu acide, a attaqué la pierre, ce qui explique l’état de certaines pièces. Environ 500 ans après la destruction, la forêt a été défrichée et les champs remis en culture, ce qui  apporta une couche d’argile, sorte de couvercle protecteur au dessus du site. Les vestiges enfouis étaient sauvés !

Les Statues :

Hercule et Bassin en pierreLes fouilles ont permis une découverte extraordinaire, des statues qui, pour la plupart, représentent Hercule. Il est reconnaissable principalement grâce à ses accessoires : une massue et une peau de lion. Cette peau est celle du lion de Némée qu’Hercule a tué pour son premier travail et qui lui servira d’emblème et de protection. Mais parfois, les sculpteurs de l’époque rajoutèrent quelques accessoires, des pommes figurant les pommes d’or du jardin des Hespérides et un carquois qui contenait les flèches avec lesquelles il a tué les oiseaux du lac Stymphale. Il faut remarquer que ces ajouts restent une exception. A Deneuvre, Hercule est représenté en trois attitudes différentes. Hercule au repos : il s’appuie sur sa massue. Hercule combattant : il brandit sa massue derrière sa tête d’un air menaçant et enfin, Hercule marchant, attitude la plus rare, avec la massue posée sur l’épaule.

Furent également mises au jour des déesses de sources qui personnifiaient les sources sacrées. Enfin, une statue de Mercure et de Rosemerta fut découverte. Cette dernière est une déesse gauloise associée à Mercure. La présence de cette statue dans le sanctuaire est encore inexpliquée à ce jour !

Toutes les statues retrouvées sur le sanctuaire d’Hercule sont façonnées dans la même pierre, du grès à Voltzia. C’est un matériau propre à notre village. Il est différent de l’habituel grès des Vosges. L’utilisation de cette pierre locale permet de déduire que les carrières et les ateliers de sculpteurs se tenaient eux aussi à Deneuvre. Cependant, il est impossible dans l’état actuel des choses, de les localiser.

Les Rites :

A Deneuvre, les pèlerins venaient faire des vœux à Hercule. On sait que certaines personnes venaient demander la guérison d’une maladie, la réussite dans les affaires, un bon butin après les batailles ou la protection des récoltes.

La première chose que faisaient les pèlerins, était d’aller vers les bassins, de puiser l’eau et de s’en asperger, voire d’en boire un peu. La source de Deneuvre était sacrée, elle purifiait les visiteurs et, chose importante, elle n’avait que ce rôle symbolique.

Après cette première étape, le pèlerin dédiait sa demande à Hercule. Pour l’accompagner, il faisait une offrande. Celle-ci n’était pas forcément très importante. Quelques pièces de monnaie ou un peu de nourriture pouvaient faire l’affaire. On sait également qu’il y avait de petits sacrifices, mais rien de bien important. Ces offrandes étaient déposées sur des autels, des statues qu’on reconnaît grâce au fronton et aux volutes sur la partie supérieure.

Ensuite le pèlerin attendait patiemment que le vœu soit exaucé. S’il l’était, le pèlerin offrait un second cadeau, en remerciement, Monnaie Romaineun ex-voto. Ces dons pouvaient prendre plusieurs formes, cela dépendait de la fortune du pèlerin. Les plus riches donnaient une statue, un autel ou une stèle, sur laquelle était gravée une inscription de remerciement à Hercule. De telles statues coûtaient très cher puisqu’on sait qu’une sculpture de taille moyenne pouvait atteindre 3000 à 16000 sesterces, somme importante qui représentait le salaire d’un centurion pendant un an. Les plus pauvres faisaient également leurs dévotions à Hercule. ils se contentaient, d’ex-voto beaucoup plus modestes puisqu’ils offraient des pierres ou des morceaux de tuiles sur lesquelles était gravé le remerciement à Hercule.